École maternelle Saint-Léger, Saint-Denis, 2006 – 2014

En 2006, un 1er projet d’action musicale reliant parents, enfants et enseignants a été réalisé dans le cadre du contrat de ville de St Denis. Recevant un écho particulièrement positif dans ce quartier ZEP, il a été reconduit avec le soutien de la DDASS de Seine St Denis puis du Conseil Régional Ile de France.

  • Action musicale impliquant enfants, parents et enseignants.
  • Enregistrements
  • Écoutes musicales
  • Recherche de répertoires
  • Accompagnement des parents, reprise du répertoire avec les enfants et diverses activités pédagogiques induites par l’apport culturel et artistique des parents.

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Photo : Christophe Gaessler

À la recherche des chansons oubliées

Photo : Christophe Gaessler

Universalité des jeux chantés et des comptines pour se découvrir dans la relation à l’autre.

Echos des enseignants et des parents

« Les enfants ont beaucoup de plaisir à écouter leurs parents et ceux des autres. Ils rentrent volontiers dans la dynamique des rythmes, des mélodies et des paroles avec toutes leurs couleurs et leur musicalité. Les parents sont au premier abord réticents à cause d’une certaine gêne ou peur de chanter au micro, l’impression de ne pas savoir chanter, mais ils ont compris que ce serait un magnifique cadeau pour leur enfant. Ils ont enregistré leur voix en présence de leur enfant (mémoire vivante), ce qui a détendu le climat d’appréhension, leur a donné confiance et courage. Après l’enregistrement, on a pu constater l’épanouissement des parents vis à vis de l’école, une grande réjouissance, toute la fierté d’avoir réussi à faire le cadeau de sa voix, pour son enfant, pour les autres aussi… fierté d’avoir pu retrouver et restituer une partie intime d’eux-mêmes, de leur propre langue, de leur propre enfance, fierté que l’école s’intéresse à eux pour ce qu’ils sont et les valorise. Cette trace « du monde » qui fixe sur le disque une part de culture orale traditionnelle, issue de toutes origines géographiques, s’inscrit dans le temps des premières classes de la vie scolaire, permet aux enfants de traverser le temps, de relier le passé familial au présent de l’école et ouvre vers le futur. Elle permet une projection positive sur l’avenir. »

« Cette reconnaissance des parents et de leurs savoirs par l’école, cette valorisation du domaine familial, a produit en retour, une transformation de l’image de l’école. Elle se trouve ainsi investie d’une confiance accrue et, par effet de transitivité, valorisée par les enfants et leurs familles. Tous ces échanges ont produit une coopération resserrée entre l’école et la famille entraînant une plus value notable dans la qualité des enseignements. Les enfants ont pu profiter de cette collaboration éducative pour accroître leurs apprentissages, les consolider dans un sentiment de confiance instauré par ces moments vécus, chargés en émotion personnelle et affective partagée. Cela a eu également une incidence certaine dans l’accompagnement des parents pour tous les autres projets de l’école (sortie, fêtes, spectacle). Ils ont changé leur regard sur l’école, se sont investis dans la scolarité de leurs enfants avec une approche plus curieuse et compréhensive. »

« Ce projet s’est inscrit idéalement dans les programmes, le vivre ensemble, la découverte du monde, la maîtrise de la langue et dans le projet de réussite éducative. »

Un papa :
« C’est un beau projet. Pour favoriser, cultiver la mixité culturelle. C’est bon pour l’éveil des enfants, éveiller sa curiosité intellectuelle. Ça lui montre qu’en dehors de son cadre naturel, il existe d’autres langues, que ses origines ne sont pas ici, que ses parents sont venus d’ailleurs. Même petit, ça l’aide à se poser pas mal de questions. Tout cela contribue à être plus tolérant plus tard. »

École maternelle St Exupéry, Sevran, 2002 – 2006

Projet réalisé à l’initiative du service culturel et dans le cadre du festival « Rêveurs éveillés », sur le thème du plurilinguisme, puis soutenu par le conseil général et la DDASS de Seine St Denis.

2002-2003 : Projet réalisé dans deux classes.

  • Implication des parents à la recherche d’un répertoire de comptines dans la langue d’origine
  • Transmission aux enfants et aux enseignants
  • Création d’un livret-CD illustré par les enfants
  • En 2003, participation d’un groupe de parents et leurs enfants au concert du groupe ZHAR, musiciens traditionnels de musiques arabo-andalouses.

2004-2006 : Approfondissement et élargissement sur deux autres classes de l’école

Séquence d’enregistrement avec les parents

L’enregistrement est l’occasion d’une recherche commune, d’un plaisir commun. Ici, une berceuse vietnamienne

Échos des enseignants

« Le dialogue enseignant parent s’est installé de façon plus naturelle parce que nous avons vécu un véritable échange de compétences. »

« Je n’avais jusque-là jamais trouvé une telle facilité de communication avec les parents, recherchant toujours au mieux comment leur dire ce que j’avais à leur dire… C’était comme si une barrière venait de tomber. »

« Vers la fin de l’année, pendant trois semaines, nous écoutions chaque jour deux à trois chansons du disque. Les enfants recherchaient d’eux–même qu’elle était la langue utilisée et qu’elle était la signification des paroles. Plusieurs chansons turques ont été enregistrées. Trois avaient été apprises dès le début du projet et l’une d’elles est devenue le tube de la classe. »

« Au niveau des apprentissages, le projet a favorisé une expression corporelle (liberté de mouvements), l’échange, le plaisir de vivre ensemble, et le travail du rythme corporel et verbal. »

« En partant des chansons enregistrées, nous avons pu mettre en correspondances ces langues différentes et les cultures de ces différents pays, notamment par l’intermédiaire de costumes traditionnels apportés par les parents ou de photos, objets, et du repérage des origines de chacun sur une carte du monde. Nous aurions pu aussi étudier l’habitat, la nourriture, le milieu de vie des animaux… Cela m’a permis de trouver un moyen pédagogique pour mettre en évidence la différence de chacun et de construire des apprentissages en partant de cette différence. »

« C’est un projet qui dès le départ a été bien vécu par les parents. C’est important qu’il y ait un partenariat avec les parents, que les désirs des enseignants et des parents aillent ensemble. Les parents nous confient leur enfant en disant : Il faut que vous leur appreniez. Ici, on demande aux parents de nous apprendre. Pour que les parents aient de nouveau de l’intérêt et l’accès au vécu scolaire de l’enfant, il est primordial que des liens se fassent autrement que par le biais du scolaire, et qu’ils soient reconnus dans leurs fonctions éducatives… À ce titre, la musique a été une médiation formidable. »

« Le désir des parents est bien là, camouflé. Il faut de la médiation pour permettre que ce désir s’exprime. Le rôle de l’intervenant extérieur est de prendre ce temps, cette fonction médiane, interface entre le parent et l’institution… »

Écoles maternelle Bayard et élémentaire Quatremaire, Noisy le Sec, 2003

Projet soutenu par la DDASS de Seine St Denis et réalisé dans deux classes de chaque école.

  • Animations musicales parents-enfants
  • Recherche de comptines par les enfants et les parents dans les langues des familles
  • Rencontre inter écoles dans le cadre d’une soirée contre le racisme
  • Réalisation d’un CD pour chaque enfant

Echos des enseignants

« Motivation et plaisir de partager un temps de classe avec les parents. »

« Mise en valeur de la culture et des origines de chacun d’où une prise de confiance en soi. »

« La non maîtrise de la langue française est moins considérée comme un handicap. »

« Écoute et sensibilisation aux autres langues. »

« Certains enfants en difficulté se sont épanouis grâce à ce projet. »

« Des parents qui n’osaient pas rentrer dans l’école osent venir maintenant (familles non francophones). »

« Une possibilité nouvelle de connaître mieux les familles. »

« Possibilité de les faire participer et de s’investir dans la vie scolaire de leurs enfants. »